Solenn Honorine est sortie en 2003 de l’ESJ Lille. Après une première expérience à Bangkok, la jeune journaliste se base à Jakarta en 2007, où elle cumule les piges. Elle nous livre son expérience dans une série de trois posts. Après l’entreprise de la pige et le flux de l’actualité, elle aborde son environnement anglophone.
Avez-vous beaucoup de confrères (francophones ou pas) en Indonésie? Vous vous voyez souvent?
Nous ne sommes que trois francophones, mais il y a un bon nombre de collègues étrangers, majoritairement anglophones (Australiens surtout, Américains ou Anglais, quelques Européens). Tous travaillent dans le même bâtiment du centre-ville, la communauté est donc assez soudée . Par exemple : un bar/restaurant vient de s’ouvrir en bas de cet immeuble, il s’appelle Front Page et est décoré de vieux articles de journaux. Sa clientèle est toute trouvée…
Moi, je suis à l’écart car, pour des questions de budget, je travaille de chez moi. Je ne vois donc que ceux d’entre eux qui sont devenus mes amis. Mais j’envisage de prendre un bureau dans ce même bâtiment, en grande partie pour me rapprocher des collègues.
Je suis allée faire un tour sur votre blog, en anglais. Travaillez-vous aussi pour des médias locaux?
Non, car jusqu’à récemment, il n’y avait qu’un journal en anglais à la qualité franchement pas terrible. Mais j’ai commencé à travailler pour des médias internationaux en anglais : Newsweek, Marie Claire, South China Morning Post, une radio américaine.
Ce n’est pas évident car la concurrence est bien plus rude qu’en français, et en plus, ils ont d’autres manières de travailler, notamment d’autres façons d’écrire. Par contre, ils sont généralement très réglo, notamment sur la multiplication des correspondances. Il est donc possible de vendre et revendre le même sujet plusieurs fois. Ils paient également beaucoup mieux, ce qui n’est pas seulement un avantage pour le confort de sa petite vie, mais être payée 1500 euros pour faire un reportage permet de travailler bien plus à fond, de prendre plus de temps pour les recherches et l’écriture, et donc de faire un meilleur travail que si tu dois traiter le même sujet sur la même longueur pour 350 euros (différences de prix réelles).
Propos recueillis par Elodie Raitière